Week-end à Redwood National Park – Day 1

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1000 km (550 miles), 12 heures de route. C’est la durée de notre trajet aller-retour pour nous rendre au Redwood National and State Park en un week-end*. L’équivalent d’un Paris-Marseille en voiture. Les distances aux Etats-Unis n’ont tout simplement rien à voir avec celles en France.

* aux Etats-Unis les vacances sont réduites à approximativement 2 semaines par an et les ponts de mai n’existent tout simplement pas. Nous voyageons donc les week-ends ou lors des rares jours fériés.

Si vous n’êtes pas américain, le nom de Redwood national Park ne vous dira rien. Par contre vous connaissez probablement déjà ces bois grâce à la machine à rêves d’Hollywood. En effet, c’est dans ces forêts de Séquoias géants qu’ont été tournées quelques scènes de films cultes, comme Star Wars : le retour du Jedi, la Planète des Singes, E.T  ou Jurassic Parc.

Site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et réserve internationale de biosphère, Redwood National and State Park est en fait constitué de plusieurs territoires et réserves protégés –  Redwood national Park, Prairie Creek Redwoods State Park, Del Norte Coast Redwoods State Park, and Jedediah Smith Redwoods State Park – , gérés coopérativement par l’état fédéral et l’état de Californie. Ces parcs sont étalés sur des centaines de kilomètres entre les villes d’Eureka et de Crescent City, au nord de la Californie. Impossible donc de voir l’ensemble du “parc” en un seul week-end, ni même en une semaine!

Nous sommes donc partis en voiture dès le vendredi en fin d’après-midi afin de parcourir un maximum de kilomètres et passer la nuit à mi-parcours dans un Best Western à Garberville, petite bourgade perdue au milieu de nulle part, dont le seul intérêt est d’être traversée par l’autoroute 101…
L’arrivée est d’ailleurs un peu effrayante : de nuit, avec des individus louches qui traînent aux alentours du motel, et une chambre située en sous-sol dans un long corridor en béton – digne d’un polar –  qui  de surcroit sent la cigarette**.

Il faut dire que jusqu’à présent nous avons rarement été impressionné par les hôtels ou motels américains : ils sont assez souvent défraichis (pas de rénovation depuis les années 70), peu nombreux, rarement d’un bon rapport qualité-prix et malgré cela complets des semaines à l’avance ! En effet beaucoup de californiens des grandes villes sont prêts à payer le prix fort pour une escapade le week-end. Lors des longs week-ends et jours fériés, les prix des accommodations explosent carrément et les réservations doivent être faites des semaines ou mois à l’avance pour les endroits touristiques comme les grands parcs nationaux.

** Il y a parfois des contradictions étonnantes dans ce pays : en Californie il est strictement interdit de fumer dans les lieux fermés (bars, restaurants, etc..), les espaces publics ainsi qu’en conduisant sous peine de sévère amende, par contre les “smoking rooms” (chambre fumeur) existent toujours dans les hôtels.

 

 

Day 1 : Prairie Creek Redwoods State Park

 

Le samedi matin, le motel s’est révélé plus chaleureux. Anecdote marquante, au petit-déjeuner nous avons croisés deux rastafari jamaïcains, détonnants dans ce coin perdu de l’Amérique, avec leurs casquettes tricolores et leurs longues dreadlocks. En creusant un peu, j’ai découvert qu’il y avait un festival de reggae à proximité. Apparemment c’est donc plutôt “cool man” comme endroit Garberville !

Puis encore 2h30 de route avant d’arriver à notre destination : le Visitor Center de Prairie Creek Redwoods State Park.

Pour voir les principaux points d’intérêts de ce parc, connu pour ses bosquets de Séquoias et ses côtes sauvages vierges, nous avons effectué la randonnée James Irvine & Miner’s Ridge Loop. Une boucle de près de 19 kilomètres, soit environ 5h-6h de marche!

On débute avec le sentier James Irvine qui chemine au cœur de la forêt primaire de Séquoias. Nous sommes littéralement seuls au monde (pas un seul randonneur à l’horizon) et la brume matinale renforce l’aura quelque peu mystique des bois. Certains de ces arbres sont millénaires. Cela laisse songeur.

La forêt a également servi de cadre à la fameuse course-poursuite en moto volante de Star Wars : le retour du Jedi, dont je suis une grande fan. A mon grand dépit, nous n’avons cependant pas rencontré d’ewoks

 

Pendant deux heures, nous parcourons dans un calme absolu le sentier, traversé parfois par d’énormes troncs d’arbres foudroyés et ponctué de bancs et sièges en bois pour se reposer.

Puis nous arrivons à Fern Canyon, un canyon humide dont les parois rocheuses sont recouvertes de mousses et fougères verdoyantes, qui rappelle l’ère jurassique. Vous reconnaitrez sans doute les lieux, car ils ont servi de décor au film Jurassic Park : The Lost World.

Il ne faut pas hésiter à se mouiller les pieds – ou jouer à l’équilibriste sur des bout de bois flottants – pour atteindre le fond du canyon.

Bien sûr, comme tout bon site naturel américain qui se respecte, un parking est situé à peine à 5 mn à pied du lieu dit, du coup nous retrouvons ici de nombreux visiteurs. L’astuce, avec les parcs nationaux, c’est de faire les chemins de randonnées “longs” (3h-4h), qui demandent de faire un peu d’effort. Cela permet en général d’éviter la foule.

FernCanyon

fern canyon redwood national park © Camille by the bay
Fern Canyon © C. Doué, 2015

 

 

Nous faisons ensuite une pause méritée sur la plage déserte de Gold Bluff Beach, avant d’entreprendre la partie la plus rude de la randonnée, le “Coastal Trail” (sentier littoral) : 5 kilomètres à parcourir dans le sable jusqu’au camping Gold Bluffs Beach Campground.

Il y règne une ambiance de fin du monde : plage de sable gris à perte de vue, océan rugissant d’un côté, falaises embrumées de l’autre, quelques oiseaux marins et pas une seule silhouette à l’horizon.

Gold Bluffs Beach, Redwood national Park © Camille by the bay
Gold Bluffs Beach, Redwood national Park © C. Doué, 2015

Arrivés au camping, nous récupérons ensuite le sentier de Miner’s Ridge qui fait se succéder montées et descentes à travers la forêt jusqu’à notre point de retour.

Avant de partir, nous sommes allés saluer le colossal et vénérable Big Tree, qui comme l’indique bien son nom, est un “grand” arbre : 92 m de haut, 20 m de circonférence et âgé de plus de 1500 ans !

Big tree séquoia géant Redwood National Park © Camille by the bay
Je me sens si petite à l’ombre de “Big Tree”, Redwood National Park © C. Doué, 2015

Le soir nous décidons d’explorer les alentours. Malgré la fatigue, nous ne le regretterons pas ! Nous découvrons ainsi Crescent Beach Overlook, un petit kiosque de bois qui offre un point de vue imprenable sur la plage de Crescent Beach et toute la baie jusqu’à Crescent City.

crescent city overlook © Camille by the bay
Point de vue sur Crescent City © C. Doué, 2015

Sur le chemin en retour, vers Crescent City où nous dinerons, nous tombons nez-à-nez avec un troupeau d’une quinzaine d’élans, traversant paisiblement la route. Pas du tout effarouchés, ils nous ont regardés curieusement avant de s’éloigner doucement.

Ainsi s’est achevé notre premier jour à Redwood Park, riche en découvertes et sensations. La suite de nos aventures, dans le prochain article : Day 2.

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Bonjour, moi c'est Camille, geek dotée d'une âme curieuse et voyageuse. J'ai démarré ce blog en avril 2015 en tant que Frenchie fraîchement débarquée en Californie pour raconter ma nouvelle vie d'expatriée, mes impressions, découvertes et explorations de la baie de San Francisco. --- Hi, I'm Camille, a geek with a wandering and curious soul. I started this blog in April 2015 as a newly-landed Frenchy in California to tell about my new expatriate life, my impressions, discoveries and explorations of the San Francisco Bay.

One Response

  1. LOISEL
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    Belle randonnée ! les arbres sont gigantesques !

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